CABANE DÉTOITURÉE
AU LIEU DIT LES GARCINS À LA CADIÈRE (VAR)

DRY STONE HUT STRIPPED OF ITS ROOF AT THE PLACE KNOWN AS LES GARCINS AT LA CADIÈRE, VAR

Texte de Christian Lassure,
photos de Jean Laffitte

Cette cabane est située contre la plus haute des terrasses agricoles qui s'étagent sur un versant au lieu dit Les Garcins. Elle est baptisée localement "la tour" en raison de sa forme cylindrique (accentuée sur la photo par une prise de vue en contre-plongée).

Comme le montre le document, la cabane repose directement sur une grande plaque rocheuse au pendage marqué. Le matériau employé consiste en lauses calcaires plus ou moins effilées dont le bâtisseur a réservé les plus grosses aux assises de base (voir en particulier les pieds des montants de l'entrée). La maçonnerie est non assisée. Pour le calage et l'arasement, le constructeur a eu à sa disposition un large choix de petites pierres et d'esquilles.

Le plan extérieur de l'édifice est dérivé du cercle et, à en juger par le tableau de l'entrée visible dans l'embrasure, l'épaisseur de la muraille n'est pas des moindres (en fait 1 m 60 d'après Eric Kalmar).

L'entrée, aux piédroits rectilignes, a 1 m 60 de hauteur et 66 cm de largeur. Elle est coiffée par une très grande dalle au parement à gauche légèrement en retrait par rapport au nu du mur. L'arête inférieure de sa face vue a été abattue à  l'aide d'un marteau comme on peut le constater d'après les traces d'éclats arrachés : si la dalle s'en trouve fragilisée, du moins se fait-on moins mal en s'y cognant la tête.

La pièce intérieure n'est pas très grande en raison de l'épaisseur démesurée des murs : elle atteint 1 m 90 dans son grand axe, 1 m 40 dans son petit axe. La voûte culmine à 2 m 15. Les aménagements intérieurs sont deux niches et une banquette de pierre.

Il est illusoire de penser que cette cabane, telle que la montre la photo, est intacte. Tout en haut du cylindre, sur la droite, on aperçoit en effet les restes d'une assise de dalles de rive en légère saillie : se pourrait-il que l'édifice ait perdu sa toiture de grandes lauses, une toiture sans doute très ramassée qui devait protéger l'intérieur des infiltrations de pluie, un peu comme celle de la cabane Les Blaques I à Ginasservis ou encore celle de la cabane des Vaux à Sainte-Anastasie, l'une et l'autre photographiées par Eric Kalmar.

On dit que la cabane et les terrasses en dessous furent construites pendant le premier quart du 19e siècle par les bagnards de Toulon. On ajoute même que le dessus plat de la cabane servait de poste d'observation au surveillant des forçats. Comme le toit de la cabane n'est peut-être plat que depuis l'enlèvement du couvrement de lauses, il faut reconnaître que cette dernière affirmation témoigne d'une imagination débridée.

Les vestiges de la collerette marquant la séparation entre le corps de base et la couverture

Une photo du dessus de l'édifice laisse voir une surface jonchée d'esquilles et de fragments de lauses à peine noircis par le temps, où aucune végétation ne pousse. Le centre en est occupé par une grande dalle plate, la dalle terminale de la voûte intérieure. Elle est fendue sur un côté, à la suite d'une tentative de soulèvement ou de la pression d'un pied posé malencontreusement sur elle. On aperçoit les vestiges de la collerette à la périphérie. On a l'impression que la couverture de lauses supposée a été enlevée il y a peu.

Source : Eric Kalmar, Cabanes en pierre sèche de la provence littorale. 1. Le Var, collection "Connaissez-vous ?", 1995, en part. dessin p. 23 et descriptif p. 48, et photo de la cabane des Blaques I p. 86. Le dessin en plan de l'édifice ne cadre pas avec les mesures données : la pièce intérieure est un cercle alors que les mesures sont celles d'une ellipse.

EXEMPLE DE CABANE SIMILAIRE DÉTOITURÉE
À SAINT-JEAN-DE-LA-BLAQUIÈRE (HÉRAULT)

A SIMILAR DRY STONE HUT STRIPPED OF ITS ROOF AT SAINT-JEAN-DE-LA-BLAQUIÈRE, HÉRAULT

Texte de Christian Lassure
photo de Dominique Repérant

La photo ci-contre, prise à Sain-Jean-de-la-Blaquière dans l'Hérault, montre deux cabanes en "ruffes", l'une proche, l'autre lointaine.

Selon le propriétaire des deux édifices, celui visible au premier plan était couvert d'une toiture de lauses en tous points semblable à celle dont est encore revêtue la cabane à l'arrière-plan.

Le vol des lauses de la première cabane explique sa forme actuelle de cylindre (cf. Hugo Soria, Cabanes du Canion du Diable à Sant-Jean-de-la-Blaquière (Hérault), www.pierreseche.com/cabanes_rouges.htm).

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© Christian Lassure

Le 3 avril 2006 / April 3rd, 2006 - Révisé le 27 mai 2006 - le 16 décembre 2006 / Revised on May 27th, 2006 - December 16th, 2006