Série : Cartes postales anciennes montrant des cabanes en pierre sèche

10 - « BORIE DE PROVENCE »

Series : Old Postcards Showing Dry Stone Huts

10 - "BORIE DE PROVENCE"


 

Carte postale couleur des années 1970.
Légende : 4817 - Les Belles Images de Provence.
Borie en pierres sèche.
L'origine de certains (sic) remonte à l'âge de (sic) Bronze.
ÉDITIONS DE PROVENCE  G.A.L. - Carpentras

 

De même qu'il y a le rosé de Provence, il existe, si l'on en croit la légende figurant au recto de cette carte postale des années 1970, la « borie de Provence ». Encore que l'auteur de cette légende ne soit pas très fixé quant au genre du terme « borie » puisqu'au verso de la carte il reprend le mot par un masculin pluriel (« Certains... »). Se pourrait-il qu'il ne sache pas que la « borie de Provence » a un frère jumeau, le « bori de Provence » ? (1).

 

Le/la « bori(e) de Provence » en question n'est pas en grande forme (2). Le linteau de l'entrée a disparu, entraînant l'effondrement du coyau et de la rive de la toiture juste au-dessus. Des pierres jonchent le sol de l'entrée ainsi que le terrain à gauche de l'édifice. Cette jonchée de pierres a peut-être quelque chose à voir avec l'absence de pointe au cône qui sert de couvrement à l'édifice. Bref, notre « borie de Provence » n'est plus qu'une ruine, mais cela semble avoir échappé au photographe.

 

Quoi qu'il en soit, cette vue de l'édifice permet d'en noter les principales caractéristiques :

- le matériau consiste de pierres lenticulaires et contournées, vraisemblablement issues d'un défrichement agricole;

- le corps de base, au fruit très marqué, n'a guère plus de hauteur que l'élévation de l'entrée;

- là où elle est encore en place, la rive de la toiture est faite de grandes lauses aux bords biseautés;

- la couverture de lauses a été retirée, d'où la retraite observable à la base du couvrement;

- le couvrement subsistant est fait de petites pierres lenticulaires, voire d'esquilles empilées du mieux possible, il s'agit en fait de l'extrados parementé de la voûte encorbellée.

 

Une photo récente de l'édifice montre qu'une restauration est intervenue pour éviter à celui-ci l'effondrement de son couvrement. On a placé, au-dessus de l'entrée, une grosse poutre en bois au niveau de la rive de toiture, là où il y avait une dalle en pierre. On a posé quelques grosses pierres saillantes sur le linteau mais celui-ci n'est guère protégé de la pluie. La disparition de la couverture de lauses a échappé aux restaurateurs, lesquels se sont contentés d'arrondir le sommet du couvrement et d'y placer en guise d'épi une grosse pierre qui fait ressembler le couvrement à un gros téton. Du moins la cabane a-t-elle vu sa durée de vie prolongée.

 

Revest-du-Bion : La cabane restaurée (photo Jean Laffitte).

 

(1) Le « bori » est à la « borie » ce que le cabanon est à la cabane. En fait, « borie » a supplanté cabane et « bori » a remplacé cabanon, ouvrant la voie à l'exploitation touristique d'outils agricoles tombés en désuétude. Rappelons que les Provençaux des XVIIIe et XIXe siècles ne connaissaient pas le doublon « borie » / « bori » et que ces termes ne sont présents dans aucun document notarial. Ils ont été inventés et diffusés à l'intention des « estrangiers ».

 

(2) Le lieu précis où se trouve la cabane n'a pas été noté par le photographe des « éditions de Provence » : il s'agit de Revest-du-Bion dans les Alpes-de-Haute-Provence.


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© Christian Lassure

Le 8 octobre 2008 / October 8th, 2008 - Complété le 21 décembre 2009 / Augmented on December 21st, 2009

Référence à citer / To be referenced as follows:

Christian Lassure, Série : Cartes postales anciennes montrant des cabanes en pierre sèche
10 - « Borie de Provence » ("Borie de Provence")
http://pierreseche.chez-alice.fr/cabanes_et_cartes_postales_10.htm
8 octobre 2008

Série : Cartes postales anciennes montrant des cabanes en pierre sèche

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